13.05.2012

LA VIE C'EST COMME CA - 1

 

Le verre cassé


Nous étions au début des années 60,

 un nouveau type de verre était

 sur le marché : le « duralex »,

 qui comme son nom semblait

le démontrer, était un verre d'une

Ménagère.jpg

 solidité à toute épreuve.

 

Peu de ménagères en avait dans

sa cuisine, car elles n'étaient pas

 encore disposées à renouveler une

 vaisselle qui leur convenait très bien.

 Petit à petit les verres se brisent

 et il serait bien temps alors de

se mettre "à la page", comme l'on disait

 à l'époque, en achetant les verres miracle.

 Maman, elle, était une femme moderne,

aussi, dès qu'elle en eut vu la pub à la télé,

(en noir et blanc), elle s'empressa d'en

acheter une douzaine.


Ce jour-là, elle avait des invités, mais

 les « duralex » étant de forme ronde

 et peu esthétique, elle avait sorti

 ses beaux verres à pieds de cristal.

 Ce fut au fromage qu'elle interrompit

 la conversation d'un tonitruant :

 Duralex.jpg« Regardez tous » !

Le silence s'est fait et toutes les têtes

se sont tournées vers la maîtresse

de maison qui, théâtralement, jeta

un verre sur le carrelage rouge et blanc

de la grande cuisine qui servait également

de salle à manger.

Bien entendu, le verre se brisa ce qui

ne surpris personne, mais l'étonnement

venait de son geste : pourquoi avait-elle

cassé un verre ? Alors, confuse et

le visage légèrement rougissant, elle balbutia :

« Mais... je croyais qu'il était incassable ».

 

Par la suite, comme elle était un tantinet

procédurière, elle obtint, après avoir renvoyés

les morceaux à la maison Duralex le

remboursement de douze verres de la marque,

tout en conservant les onze autres.

 

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ERREUR DE JUSTICE

 

J'étais en CE1, j'avais 6 ans.

Une de mes petites camarades m'avait accusée

de lui avoir volé son chocolat du goûter de

10 heures. La maîtresse n'eût aucun mal à

la croire, puisque j'étais la seule élève qui

était sortie de classe pour une pause pipi.

La petite chipie le savait et c'était bien pour

cette raison qu'elle m'avait choisie : j'étais

la coupable idéale.

 

Emli.JPG

Sans doute avait elle englouti son chocolat

 avec l'espoir d'en obtenir un autre

et c'est bien ce qui arriva, avec, pour

moi, une fessée publique en prime.

Cette injustice me mit en colère, aussi, 

le lendemain, je demandai à sortir et mangeai

tous les chocolats de mes camarades de classe.

Je fis une monumentale crise de foie, mais il

me semblait que j'avais quand-même été 

dédommagée de cette injustice. 

 

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 J'avais 14 ans, j'étais pensionnaire dans ce qu'on appelle gentiment :

"Une maison d'éducation surveillée" pour avoir fugué .

En effet, à l'époque, c'était considéré comme un délit ;

j'étais censé être  "une forte-tête" alors que je fuguais parce que 

 j'avais peur de mes parents.

Dans cet établissement, se trouvait de vraies dures :

Celle-ci avait étranglé un enfant surpris dans son sommeil

 alors qu'elle cambriolait l'appartement. 

Celle-là avait volé des voitures ou battu de pauvres femmes

 jusqu'au sang pour s'approprier  leurs biens. Une autre avait maltraité

 sa mère...  Quand  l'une d'elles me demandait "ce que j'avais fait 

pour entrer là",  je répondais invariablement que je n'avais 

rien fait de mal, ce qui me valu immédiatement l'inimitié 

 de tout l'effectif et je devins le soufre-douleur des pensionnaires 

 sous le regard lâche et bienveillant des éducatrices

 qui n'osaient pas affronter les furies.

prison-2-france envoyée le lundi 27 avril 2009 13:38

 

Je voulais me sortir de ce cauchemar sans pactiser 

avec mes  tortionnaires  que je haïssais.

C'est alors que me vint une idée : Il y avait une grande blonde 

Alsacienne taciturne qui faisait peur à tout le monde.

J'entrepris de m'en faire une amie et j'y réussis

 tellement bien qu'elle devint littéralement

 amoureuse de moi. Je me rendis compte, alors,

 qu'elle n'était pas méchante. Cependant, d'ores et déjà 

  j'étais en sécurité, personne n'osait plus me tourmenter .

 

Koup kreol.JPG

J'avais trouvé la paix, mais pas complètement ;

 ce que je souhaitais,  c'était les impressionner  

suffisamment pour ne plus jamais

 avoir à craindre les horribles mégères. 

Un soir, je tendis un guet-append  à ma compagne 

 en lui  donnant rendez-vous dans la chambrée.

 Quand elle arriva,  je ne lui laissai pas le temps  

 de comprendre, je lui sautai dessus et la frappai

 au visage, sur le corps, jusqu'à ce qu'elle tombe

 sans connaissance. J'avais gagné. 

 Plus personne  ne m'ennuya jamais ,

tout le monde me craignait,  y compris les éducatrices.

Pourtant, aujourd'hui, je m'en veux encore de ma traitrise.  

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On exprime tellement de choses avec un dessin !

Je me souviens, j'étais très jeune,

mon premier livre avait reçu  des articles

encourageants de la Part d'un journal

et une critique virulente d'un quotidien concurrent.

Vexée, j'avais répondu à cette diatribe

par une lettre de deux pages...

Le dessinateur du premier journal,

celui qui m'encourageait, qui pensais lui aussi

que le journaliste avait été un peu dur à mon endroit,

avait fait un dessin représentant un "canard"

qui volait et "s'oubliait" sur une feuille imprimée

L'attérissage.

 

que le vent emportait.  

 On pouvait apercevoir le nom

sur cette page : C'était celui dont le critique

m'avait éreintée. Un simple dessin en avait dit

bien plus que deux  cent lignes n'exprimeront jamais.

Aujourd'hui, je ne me vexe plus et je pense

que le journaliste dont j'avais détesté l'opinion,

n'avait pas vraiment tort au fond :

Il aurait simplement pu y mettre des formes.

Les artistes sont fragiles et souvent  susceptibles.

 

 

oxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxoxo

 

 

Montagny, un petit village près de Givors, dans le Rhône.

L'homme entre deux âges se reposait sur un banc de pierre

en attendant ses conscrits qui ne tarderaient pas,

pour  une discution entre  hommes,

faussement désabusés, mais

quand même heureux de leur sort.

Un automobiliste ralentit,

s'arrêta devant le compère, et demanda

par la vitre ouverte :

"Pa... pa... pardon mo... mons monsieur, la rr,

la rr, la rou route de Gi Gigi... de Givors, ss... si...

s'il vou vous plait" ?

- Ben sé... sé fa... facile...sé... sé sé...

tt... tou... tout droit.

Alors  le conducteur  sorti, flanqua une gifle au pauvre type

sans qu'il ait eu le temps de réagir et démarra en trombe.

 

 

banc.jpg

 

 

quand ses amis arrivèrent,

il se tenait encore la joue et marmonna :

"A... a... allez... allez donc ren...

rendre... ss... ser... service au... aux gens" !

 

 

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Il y a quelques années, alors que je prenais le bus pour me rendre au travail, une dame âgée était assise à côté d'une jeune femme, quand sont venus s'asseoir en face d'elles, une  mère et son fils d'environ 6 ou 7 ans.

 

Vincent-06.JPG

Ce petit garçon très agité, avait pris place juste en face de la mamette et se mit à lui cracher dessus. De façon symbolique, certes, mais il  avait le geste éloquent et, comme cela ne semblait pas lui suffire, il lui balança des coups de pieds dans les tibias ; pas très fort, mais je me doute que cela n'était pas agréable pour la vieille dame importunée.

C'est alors que la jeune femme assise en face de la maman  l'interpella poliment : "Madame, vous devriez dire à votre enfant de mieux se conduire : voyez comme il dérange ma voisine !"

Et la mère prit un air indigné pour lui répondre : "Moi, Madame, j'élève mon fils sans contrainte !"

 

C'est alors qu'un jeune homme d'environ 25 ans, s'approcha de la mère permissive et, lui prenant le visage entre les mains, lui cracha sur la figure en disant : "Moi aussi, Madame, j'ai été élevé sans contrainte".

 

 

Puis il descendit tranquillement du bus à son arrêt.

 

 

 

 

 


 

SI VOUS AIMEZ LES CHATS

  

 

    



 

 

 

Mon amour pour les chats



Les chats c'est ce qu'il y a de mieux :

 Ils sont propres, silencieux, intelligents,

 autonomes tout en ayant un profond

attachement à leur maître,

MouS 1.JPG

(si si ! Ceux qui connaissent les chats

 le savent très bien) et c'est toujours

beau même quand c'est vieux.

 Et lorsque on sait qu'en vieillissant

on finit toujours par ressembler

 à son animal, eh bien justement,

Mon KiLL.jpg

 à ce titre, moi, je préfère

avoir un chat qu'un bouledogue !

 Q E D: Quod erat demonstrandum

 (ou C Q F D : Ce qu'il fallait démontrer)

11.05.2012

LA VIE C'EST COMME CA - 4

 

 Mes petits bouts

Voici mes deux plus jeunes petits enfants :

Tibou.jpgEric, 8 ans, à droite,  et Stéfane, 7 ans,

 à gauche sur la photo. Un jour que je recevais

 des amis, Stéfane, le plus jeune,

me dit en désignant Pascal, 46 ans,

un beau garçon jovial et blagueur :

  "Lui, c'est mon pote !"

- Ah oui ? Tu aimes bien Pascal? Tu peux me dire pourquoi ?

- Ben, pasque lui, quand y me dit 'bonjour', y se

met à genoux et je vois sa figure. Me répond-t-il en souriant.

Puis après quelques secondes, changeant sa physionomie,

il devint mi-triste, mi-agacé :

- Les z'autres, y me touchent la tête et y me disent :

 "Salut petit" !  Mais je les connais pas,

 je vois que leurs jambes. 

Je me suis alors rappelé que j'avais moi-même

 appris cela de mon propre fils. Un jour, il avait

deux ans, au lieu de le soulever pour le prendre

 dans mes bras, comme d'habitude,

je l'ai laissé à terre, me suis penchée en avant

  pour le serrer contre moi.

 Ce faisant, je lui 'cassais les reins'

 et c'est ce que m'a dit mon petit bonhomme :

"Maman, tu me casses le dos"!  

Alors comprenant que c'était à moi 

 de me mettre à son niveau, j'ai rectifié le tir.

 

 

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Ma merveilleuse  Grand-mère

Lorsque j'étais enfant, aucun médecin

n'avait encore diagnostiqué mon problème

 mental. Aussi, mes mutismes et mes révoltes

étaient-ils considérés comme de la rébellion.

Le village.JPG

 Ma mère, fatiguée de moi, alla 

se plaindre auprès du juge pour enfants

qui me fit interner dans un 

"Centre d'éducation surveillée".

J'avais 14 ans. Là-bas j'appris

à me battre et à "faire semblant"  

 auprès des éducateurs pour avoir la paix. 

 Un jour je pris la décision de m'enfuir 

 pour aller voir ma grand-mère

paternelle que je ne connaissais pas.

Je n'avais déjà pas connu ma grand-mère  

  maternelle qui était "partie" avant ma naissance.

 J'avais souvent supplié ma mère

de m'emmener en Corrèze

 pour faire la connaissance de

 la maman de Papa, mais elle pensait que

 sa belle-mère n'avait aucun intérêt pour moi

 et qu'il était inutile d'aller la déranger 

 dans sa verte campagne.

Nous.jpg

 

 je fis donc le mur et me rendis chez moi

 à Lyon afin d'y retrouver mon complice  

   et meilleur ami, mon frère Alain,

de 18 mois plus âgé que moi,  

 qui me remit l'adresse de notre grand-mère

  une carte routière, une boîte de gâteaux,

 une tablette de chocolat  et un peu d'argent. 

Je partis donc à pieds sur la route. 

 Mon ittinéraire était le suivant :

Saint-Etienne, le Puy, Aurillac, Mauriac,

 Ussel, Bugeat et Merciel La Côte.

Ancêtres.JPG

A raison de 30 km par jour à pieds,

le reste en voiture, j'arrivai au pays

de ma bien aimée grand-mère,

 épuisée, affamée et les pieds en sang.

 Elle était aux anges 

et battait des mains comme une petite fille  

  en m'écoutant raconter mes péripéties.

Pour profiter de moi au maximum, elle ne prévint

 mes parents que  trois semaines plus tard,

Jness.JPG

 et ceux-ci vinrent me chercher pour

 me ramener dans ma prison-école.

 Auparavant j'avais appris

à traire les vaches,faire le beurre,

  quelques mots de patois, mais surtout,

je fis provision de l'immense tendresse

 de cette mère-grand que je ne reverrai jamais plus. 

 

 

Patrice, au 2ème REP de Calvi

Un jour, un grand Polonais d'1 m 97

lui avait donné, au foot, un coup de pied

dans la cheville qui lui avait valu 3 jours de

plâtre. Lorsqu'il fut remis, il alla régler

ses comptes avec ledit Polonais dans la

chambrée. Ses amis, lorsqu'ils l'ont su 

sont accourus pour le secourir, mais il 

Patgolf.jpg

était trop tard, la bagarre était

terminée. Le légionnaire Polonais

était couché sur son lit, le visage

plein de sang et Patrice, Petit Eurasien

d'un m 71, était assis par terre, intact, 

et fumait une cigarette en souriant.

En apercevant ses amis, il a juste dit :

"Le plus dur, ça a été de le mettre sur son lit".

 

 

Patrice, mon fils prodige à moi

Toutes les mères aiment, quand elles

reçoivent des invités, montrer le

talent de leur petit enfant. 

 Pat15ans.jpg

Souvent c'est au piano, ou bien,

on le fait chanter. Moi, j'étais aussi

bête et vaniteuse que ces mères-là,

mais, plutôt que de mettre mon enfant

au piano je demandais à Patrice d'aller

chercher son nunchaku, ou encore

un couteau, pour le faire tourner autour

 

Pat 16a.JPG

de sa main, ou encore de faire

un saut périlleux. A quoi il répondait :

"Pffffffff maman, j'suis pas une

bête de foire !"  Mais il s'exécutait

pour me faire plaisir.

 

 
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