19/04/2012
LES GAULOIS et VERCINGéTORIX
Grâce à leur don de la parole, les Gaulois
parviennent à s'imposer dans la bonne société
romaine bigrement prodédurière, comme
ténors du barreau. Avec la toge, ils ont hérité
du surnom de "bavards", terme qui s'impose pour
ces beaux parleurs impénitents qui vénèrent
Ogmios, leur dieu de l'éloquence.

"Leur voix, dit Diodore de Sicile, a un son grave
et rude. Leur parole est brève, énigmatique,
procédant en allusions, souvent hyperbolique
quand il s'agit de se grandir soi-même
et d'amoindrir les autres. Ils ont le ton hautain,
menaçant, tragique. Ils ont l'esprit pénétrant
et non sans aptitude pour le savoir".
Les druides étaient chargés de l'enseignement
qui était exclusivement oral. En l'absence
de documents écrits, nous ne pouvons pas
nous faire une idée précise de l'art oratoire
des Gaulois avant la romanisation. Nous ne
savons rien non plus de la poésie des bardes
qui psalmodient les hauts faits des héros.
Avant son départ en 51 av J.C., César proscrit
les druides à cause de leur pouvoir politique
hostile à la domination romaine.

La propagation de la langue latine s'impose
alors. L'école druidique n'a plus cours,
l'écriture n'est plus prohibée et tout le système
éducatif change. Pour un jeune Gaulois,
aller à l'école, c'est apprendre le latin,
mais aussi le grec. Des écoles supérieures
qui correspondent à nos universités se créent
en Gaule. On y étudie surtout la rhétorique.
On y apprend l'éloquence judiciaire et
l'éloquence d'apparat.
Au milieu du 1er siècle de notre ère,
un gaulois talentueux peut accéder
aux mêmes honneurs qu'un Romain de naissance.
Quant à Vercingétorix, il s'initiait aux valeurs
spirituelles auprès de l'archidruide,
mais à l'image de nombreux fils de chefs,
il était aussi accueilli au camp de César,
faisant partie de ces jeunes gens
venus là s'instruire et rendre divers services.
D'où les accusations de trahison auxquelles
il devra faire face par la suite. Il était lui-même
un orateur inspiré et convaincant.

Après le désastre de Bourges,
ne parvient-il pas, en un seul discours,
à se faire acclamer par ceux-là mêmes
qui viennent l'accuser de trahison ?
Vercingétorix a su rallier les peuples gaulois,
qui plus est en hiver, au mois de février.
Audace invraisemblable par rapport aux usages
de la guerre. D'ailleurs, La défaite d'Alésia
repose sur des coïncidences malheureuses
plus que sur des erreurs stratégiques.
(Historia février 2001,
d'après Anne de Leseleuc et Anne Logeay)
21:27 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note






Commentaires
Ce sont d'ailleurs les gauloises qui ont hérité de nos jours de ce don du verbe.
Suffit d'aller près d'un banc à poissons sur le port de Massalia...
Écrit par : serge | 05/12/2011
B onsoir Colinne
J'ignorais que Vercingétorix fréquentait les camps romains. Les manuels scolaires le présentent toujours en combattant et jamais à son adolescence. Quand à la bataille d'Alesia, Cesar était un général patient et plus organisé que ceux qu'il avait en face...
Grosses bises
Christian
Écrit par : Christian | 06/03/2012
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